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Notes

Ici, je m'interroge, je partage, je doute, je questionne

« Quand un être humain a soif de liberté, mieux vaut lui apprendre à se poser des questions plutôt que lui donner des réponses » EP

Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’art ?

Dans ma vie personnelle et professionnelle je suis organisé, tout a une place, et même l’imprévu est anticipé. 

Dans le domaine artistique en revanche, je m’autorise toutes les libertés, je ne cherche pas la perfection, je ne cherche qu’à me libérer davantage des carcans, jugements, notes, étiquettes et autres classifications si utiles mais potentiellement si enfermantes. Si réductrice et en même temps si puissante dans la vie de l’artiste.

Art brut ? Art comme thérapie ? Art-thérapie ? Art ?

Prudent, je me questionne sur les frontières entre ces trois appellations. 

Le fait d’être thérapeute, passionné de psychologie et artiste me donne trois angles de vues mais je n’ai pas encore répondu à ces questionnements.

Réflexions : ici par exemple. Ou ici, ou encore ici. Un patient qui créé lors d’une session d’art thérapie fait-il de l’art brut alors que ce n’est pas spontané ?

En dehors de la marge ?

Que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle je suis en marge. Le plus étonnant, c’est que même dans ma vie artistique je suis en décalage ! Certains professionnels considèrent mon travail comme de l ‘art contemporain, d’autres non, certains le placent dans l’art brut, d’autres non, etc…

Ce n’est pas tant que je suis attiré par l’art brut, mais je m’y sens reconnu, comme en famille, c’est apaisant.

Anticipations et projections

Le phénomène d’anticipation et de projection est l’objet de mon travail de recherche majeur que je poursuis au quotidien depuis 20 ans dans le domaine de la thérapie et psychologie, appuyé par les neurosciences et la clinique en cabinet notamment. Je prépare actuellement des conférences et formations à ce sujet.

Une œuvre est empilement, une succession de multiples projections :

  1. Anticipation de l’œuvre par l’artiste (invisible, non perceptible, intangible, réel), cela peut être perçu en un instant (flash), venir comme un besoin (art brut et variantes par exemple), réfléchis tranquillement (message à faire passer, provocation, recherche d’attention conjointe, gestalt theory (psychologie de la forme), etc.,
  2. Anticipation des supports et matériaux, tests et modifications éventuels, création des matériaux et supports, anticipation de l’ordre de création de l’œuvre (quelle zone travailler d’abord etc.),
  3. Projection de la part de certains artistes de la réaction des visiteurs, acheteurs, agents, galeries, postérité etc.
  4. Réalisation dans le concret (visible, tangible, perceptible, réel)
  5. Projections sur différents supports et matériaux (même dessin mais papier varie, encre, peinture, craie, etc.) ; musique : même musique jouée par différents instruments, ou dans différents lieux, ou interprétée par différentes cultures ou êtres vivants (on joue aussi devant des animaux (mettre les vidéos)) ; certains artistes repeignent parfois pendant des années sur la même toile
  6. Projection des visiteurs qui projettent leur vision de la chose et leurs perceptions suivant des dizaines de paramètres (paréidolies, état émotionnel, contexte pour l’artiste, culture personnel, gestalt théorie et psychologie de la forme, apophénie, culture artistiques, interprétations, affections, rapport avec l’artiste ou avec le thème par exemple, biais cognitifs (effet booba-kiki, etc.) et illusions d’optique/auditives notamment, avec la personne qui nous a conseillé de regarde l’œuvre (contexte d’apparition), contexte de vie, niveau d’étude, croyances limitantes, a priori, )
"Ce qui me sépare de toi", 2025

L’acte de faire passer de l’invisible au visible est l’un de mes questionnements. Quid de l’invisible ? En est-il diminué ?

Quand on voit à quel point le visible est le spectaculaire est nécessaire voire indispensable, pas uniquement en art, cela me questionne beaucoup.

Où est-ce que l’artiste rejoint l’observateur ? Quand est-ce qu’ils se rejoignent ou s’opposent ? Comment et pourquoi en viennent-ils à « faire affaire ? ».

A quels niveaux ça se connecte ? Comment et quels liens se tissent tacitement entre l’artiste, le collectionneur et l’oeuvre ?

 

Je ne cherche pas à interpréter à tout prix ce que je créé. En revanche, je ne peux m’empêcher de me questionner : 

Pourquoi je fais ce que je fais ?

Le fait de m’interroger sur ce que je fais m’exclue-t-il de facto de l’art brut ?

En quoi le regard des autres a-t-il une influence, ou non, sur mon travail ? Avec quoi cela fait-il écho en moi ?

Quel intérêt à ce que je fais ?

Pourquoi ces visages ?

Dois-je dire tout ce que je comprends ? Dois-je cacher des choses ?

Dessiner et sculpter, pour apprivoiser ? Ennemis, alliés, amis ?

Pourquoi y a-t-il autant de catégories : art brut, singulier, en marge, autodidacte, hors normes, outsider, naïf, populaire, visionnaire, etc. 

Pourquoi varient-elles en fonction des pays ? Art brut en Hollande, art singulier en France, outsider art ailleurs ?

Je m’inscris dans une démarche enquêteuse non résolutive de type question-réponse-question, à l’image de Montaigne (Essais).

Mes œuvres sont aussi, parfois, des manières de vivre par procuration des évènements, m’apportant ainsi une forme d’apaisement.

Peut-être aussi qu’elles font du bien parce qu’elles formalisent des sensations.

Tout faux ?

Ces derniers jours ont été riches en remises en question (mi-sept 25). Le vernissage de la Halle Saint Pierre ainsi que d’autres galeries m’ont fait prendre conscience de l’ampleur du décalage avec les artistes établis. Non pas en terme de démarche, de comparaison de niveau ou autre. Mais en terme de profondeur.

Jusque là je croyais avoir plongé en moi pour mes créations, je pensais m’être libéré des regards, de mon regard ; mais je n’ai fait qu’effleurer ce que je cherche à exprimer ; libéré des regards je le suis, mais libéré de mon regard je ne le suis pas et, surtout, j’ai mis un voile devant mes yeux. Donc devant les vôtres aussi.

La conjonction de ma formation en thérapie brève, de ma passion pour l’art de raconter les histoires et ces visites de galeries m’ont fait prendre conscience que ce que je pensais être une fin n’était en fait que les prémisses d’un voyage beaucoup plus grand et bien plus dur que ce que je croyais jusque-là. Ce que j’ai pris pour un aboutissement n’est qu’en fait que la partie émergée de l’iceberg, le début du chemin. 

Je suis face à un dilemme : descendre dans le terrier du lapin, plonger en profondeur, aller dans l’horreur, dans la douleur, dans ce que j’ai oublié pour survivre, aller affronter le monstre ? Ou rester en surface et développer uniquement cette surface ?

En créant j’essaie de dire ce qui m’est arrivé parce que je ne veux pas le dire avec des mots. Je n’y arrive pas.

Ma crainte : n’être qu’un parmi les autres.

L'être humain, 2014

Rester inhibé ou se libérer ?

Accepter les fêlures ou les rejeter ? Résister ou se réajuster ? Débrider l’esprit ou continuer à restreindre ? Lâcher les croyances limitantes ou rester figé ?

Lâcher prise et vivre avec ?

Une des grandes libertés que j’adore quand je créé c’est que c’est imparfait et c’est ok. Presque, ma recherche de perfection c’est quand je créé dans le plus grand détachement, sans que je porte un jugement sur l’œuvre ou moi-même, sans penser à ce que les autres vont en dire, quand il n’y a que moi et l’œuvre. Seuls au monde pendant un instant.

Ces réflexions complètent ma bio et s’inscrivent dans la continuité de mes expositions.

L’urgence de la mort

C’est fascinant comme la mort peut révéler la Vie. Comment l’idée de mort peut décupler la pulsion de vie. Comment penser que chaque jour pourrait être le dernier puisse en même temps révéler les saveurs de ce que l’on aimerait fuir.

Une source d’inspiration

Depuis toujours je m’impose un cadre, une image à donner, au jugement de l’autre, et ce qui m’attire dans le travail des hommes préhistoriques autant que dans l’art brut, c’est leur lâcher prise sur les conventions : on s’en fiche du qu’en dira t-on : « on y va et c’est tout ». Point. La réflexion, s’il y en a une, s’arrête là.

Revenir à un état originel

C’est une des choses vers lesquelles je tends : retrouver un état d’être détaché du besoin d’être aimé, et donc du regard de l’autre par exemple. L’art me permet ce travail sur soi, comme le développement personnel par exemple. Passer de l’ordre angoissé culturé à un état chaotique originel apaisé.

C’est donc, d’une certaine manière le mouvement inverse de l’acte créateur qui est en général de passer du chaos à l’ordre. 

Comme si l’acte créateur et organisateur apaisant, permet à un autre niveau de revenir à un état originel informe.

L’art n’est rien de plus qu’un langage,

qui n’est rien de plus qu’une construction de l’Homme.

L’art n’est rien qu’un appendice.

Pour l'autrice de Fifi Brin d'Acier, l'art est une chose qu'on ne peut pas nous enlever

Ce qui m’inspire

Les Humains qui ont dessiné il y a des milliers et des dizaines de milliers d’années m’inspirent. Cela m’aide à me détacher des jugements des autres et, avant, de mon propre jugement sur moi-même et sur mon travail.

Ce lâcher prise est un guide et un modèle à suivre. Peut-être pas uniquement pour moi.

@ledeclic.fr Le meilleur conseil pour arrêter de douter de soi 🧠💥 Alexandre Astier explique pourquoi se demander "est-ce que je suis capable ?" est la pire erreur. Fais-le, même si tu as peur. Tu valides sa vision ? Dis-le en commentaire ! 👇 #alexandreastier #kaamelott #motivation #syndromedelimposteur #confianceensoi ♬ son original - LeDeclic.fr

Back to beginning

Ce qui peut faire grandir menace aussi. Tout ce qui m’éloigne du départ, tout cela m’éloigne du fondamental. A quoi bon continuer ? Revenir à mes fondamentaux. Oublier le reste. Rester centré. 

Faire le deuil de ce que je ne verrais jamais

Sur ce site je vous montre aussi ce qui nourrit ma vie, mes créations.

Découvrir l’art, ses rouages et sa magie. 

Je ne cherche pas le minimalisme, le symbolisme ou le conceptuel. Je cherche ce qui, pour moi, est l’essentiel. C’est subjectif et c’est pour moi que je fais tout cela. Je le partage avec ceux que ça intéresse. Faire un bout de chemin ensemble.

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